Cas d’école : Michelin, entreprise familiale préférée des Français

La société auvergnate et désormais mondiale est revenue en force dans le cœur des Français selon l’édition du baromètre Ifop de septembre. Première du classement d’indice d’image, elle doit en partie cette bonne place grâce à une stratégie digitale en phase avec son identité.

Le musée Michelin à Clermont-Ferrand, adossé au site de production. La France qui gagne…à être connue-Edition Kawa copyright

Les fondateurs des pneumatiques Michelin n’en reviendraient pas eux-mêmes. L’entreprise fondée en 1889 n’en est pas à son coup d’essai en ce qui concerne sa communication et son marketing. Dès le début de l’aviation en France, ils ont organisé un challenge pour faire connaître la marque de Paris et donc de la France. Un aviateur a réussi à se poser sur le Puy de Dôme et a empoché une belle somme pour l’époque.
Plus d’un siècle plus tard, le groupe Michelin présent dans 170 pays a su prendre le virage digital en douceur sans adopter les dernières tendances à la mode mais avec habileté et constance. Présents sur une page Facebook particulièrement bien animée (avec des infographies du bibendum), plusieurs fils Twitter dédiés à différentes cibles, la marque de pneumatiques n’oublie pas ses fondamentaux. Et ça marche !
Reforestation et jeux concours sur les réseaux
Alors que la COP21 approche à Paris, fin novembre, la communication digitale s’est récemment concentrée sur deux piliers hexagonaux : l’agriculture et les pneumatiques à travers un jeu concours. Bien conscient de son rôle et de la filière qu’elle maîtrise, Michelin investit désormais dans la reforestation du caoutchouc durable. Et le fait savoir via les réseaux sociaux. Pas d’esbroufe avec les dernières tendances geek du moment que l’on peut croiser parfois sur certains stands de salons spécialisés. Du concret, comme aiment les consommateurs actuels, désormais surinformés et capables d’impacter durablement les imposteurs (cf l’affaire Volkswagen et les faux filtres ou la tendance au greenwashing de ces dernières années dans toutes sortes d’enseignes spéculatives).
Fil Twitter « Michelin recrute… »
Sur Twitter, la prise de parole de Michelin est encore plus pointue avec un fil « Twitter recrute » spécifique, ce que peu de sociétés proposent aujourd’hui, y compris au niveau européen. La société innove en célébrant par exemple les 50 ans du centre de recherche et développement de Ladoux. Peu de temps après la sortie du nouveau pneu toutes saisons révolutionnaire dans son marché. Et le fait savoir sur les réseaux de manière synthétique. Pas d’emballement chez les Auvergnats…Et ils ont raison.
A l’heure où les réseaux sociaux s’enflamment, notamment en France et aux USA à la moindre affaire politico-économique, Michelin trace son sillon sur son cœur de métier. Même si elle n’oublie pas de créer un fil Twitter consacré au guide rouge qui est particulièrement suivi. Au final, la marque qui a traversé la crise économique récente mais a su former massivement ses salariés en période plus creuse voit à long terme. Et surtout, elle a réussi à conserver ses basiques : le pneumatique et le guide éponyme, marque ambassadeur qui l’associe à l’excellence sur les tables du monde entier, y compris sur les réseaux sociaux.
C’est dans une approche raisonnée et constante que www.contenusetstrategies.com souhaite continuer à accompagner ses clients, loin des buzz éphémères.

Fr.N. photo : le musée Michelin à Clermont-Ferrand, adossé au site de production où travaillent encore des milliers de salariés. La France qui gagne…à être connue-Edition Kawa copyright

Retour sur Futur en Seine édition 2015

Le festival Futur en Seine rassemble start-ups, chercheurs et professionnels liés à l'économie digitale chaque année en juin à Paris.
Le festival Futur en Seine rassemble start-ups, chercheurs et professionnels liés à l’économie digitale chaque année en juin à Paris.

Pour une première participation à Futur en Seine au CNAM et à la Gaieté Lyrique, j’ai été bluffé par le niveau des start-ups choisies pour représenter ce qui va faire l’économie de notre futur. Les start-ups présentes à la Gaité Lyrique sont tous aussi liées à la rupture d’innovation. Petit retour sur l’évènement du digital.

Créé en 2009, le festival Futur en Seine a d’abord été très parisien, avant de s’installer dans quelques villes de la région parisienne, en proche couronne pour le moment, Haut de Seine en tête. Avec 78 000 visiteurs en 2014 et quelques 7500 fans sur Facebook, ce rassemblement des dernières innovations numériques françaises (et européennes) est devenu un passage important pour de nombreuses start-ups souhaitent être visibles, trouver des investisseurs, des partenaires ou intéresser des marchés, pour certains, mondiaux.

Recharger sa voiture électrique chez l’habitant

Parmi les pépites croisées, la présence de la société Social Charging, société hollandaise positionnée sur le rechargement de véhicules électriques via une application de cartographie permettant aux conducteurs de villes hollandaises est marquante. Au-delà de bornes électriques cantonnées aux seules grandes villes, type Paris, Bordeaux, etc,  Social Charging a entrepris de cartographier la Hollande. La nouveauté, c’est que les utilisateurs de véhicules électriques peuvent aller recharger leur véhicule chez les particuliers partenaires du programme, ces derniers étant rémunérés. Compte tenu de la densité de population forte en Hollande, la start-up se développe de manière exponentielle et devrait viser la France et les Etats-Unis pour son développement futur, après quelques millions d’euros ou de dollars levés.

Domotique : contrôle de votre consommation électrique

Autre société lancée en 2014, Qinergy, jeune pousse de Budget Telecom (Montpellier) spécialisée sur les économies d’énergies en temps réel sur votre facture d’électricité. Alors qu’un foyer sur 5 peine à payer ses factures d’énergie, suite à une compression du pouvoir d’achat et une véritable explosion des factures de sociétés autrefois monopolistiques, cette solution propose de se greffer sur votre compteur  et permet via une application de suivre en temps réel les sources de consommation électriques de votre appartement ou maison. La promesse ? Environ 80 € de baisse/an sur votre facture. Mieux que Direct énergie ou d’autres prestataires, les deux étant cumulables pour véritablement contrôler quel appareil surconsomme, alors que vous n’en avez pas besoin. Pendant que Linky, le « compteur intelligent » semble assez lent à se déployer, cette start-up devrait trouver un écho en France.

La cabine médicale : e-médecine

L’idée de créer cette cabine médicale capable de diagnostiquer des patients à distance est née de la volonté d’un médecin ayant travaillé à l’étranger puis en France. Le Dr Baudino, en créant H4D dans le sud de la France devrait apporter une solution supplémentaire pour combler un déficit de médecins savamment entretenu par certains lobbies et par la même occasion, une partie du déficit abyssal de la sécurité sociale française. Autre innovation, ce « gros objet connecté » va pouvoir proposer à des patients en zone rurale d’avoir des soins d’aussi bonne qualité qu’en ville, à Paris, grâce à cette cabine permettant les consultations courantes via la télémédecine. Validée Iso au niveau européen, son marché est au moins européen. A suivre de près sur www.h-4-d.com.

La France du digital et la révolution en cours liée au numérique, aux objets connectés et aux applications innovantes a encore de beaux jours devant elle. Les réseaux sociaux couplés à une stratégie éditoriale et digitale ciblée sont incontournables pour le développement et la visibilité de ce type de start-ups particulièrement prometteuses.

Frédéric NICOLAS-www.contenusetstrategies.com– photo DR-frednicolas17@gmail.com

Zoom sur le secteur qui a su le mieux tirer parti du digital : le tourisme

Page Facebook-Auvergne Tourisme
Photo (CRT Auvergne-dr) : La page Facebook de la destination Auvergne : 100% nature et des photos soignées.

Dès le début des années 2000, le secteur du tourisme a innové et pris le virage numérique en passant au e-commerce. En termes de marketing territorial, les réseaux sociaux ont apporté une visibilité encore plus forte au tourisme. Petit panorama de stratégies digitales qui fonctionnent bien.

Dans son récent classement mondial de la compétitivité, le World economic Forum classe la France N°2 parmi les pays les plus performants au monde, juste derrière l’Espagne. Les critères intègrent la qualité des infrastructures publiques, les capacités hôtelières ou l’accueil. La France arrive également en seconde position pour son offre culturelle. Avec un musée le plus visité au monde, Le Louvre qui draine 9,8 millions de visiteurs. Selon L’Echo Touristique, « la Suisse se distingue en matière de développement durable, le Brésil en matière de ressources naturelles… »
Les réseaux sociaux choisis contribuent clairement à générer du trafic et de la notoriété chez les professionnels du tourisme. Y compris dans le secteur culturel ! Pour Le Louvre, le fil Twitter compte 329 000 followers pour 6150 Tweets tandis que sa page Facebook enregistre 1,6 million de fans…Chaque exposition ou événement y est mentionné. Un commissaire d’exposition participe à une séance de questions sur Facebook pour une exposition concernant Velasquez. Bref, le musée sait se rapprocher de son public et passer du réel au digital, en organisant aussi des concours ponctuels.
Le Languedoc : une segmentation digitale qui paie
Côté destination touristique, Le Languedoc a réalisé un travail de fonds en prenant année après année des parts de marché. La page Facebook Sud de France Languedoc-Roussillon (36 000 fans) joue la carte de l’authenticité et de la destination grand public et familiale. Les ressources naturelles, les petits villages, les spécialités du sud et un alignement très dynamique de stations balnéaires facilitent le travail avec des photos alléchantes. Le Comité régional a segmenté l’offre en créant une page dédiée au Cercle Prestige Languedoc (châteaux, chambres d’hôtes luxueuses, restaurants gastronomiques…) mais aussi Vin Sud de France, page mettant en valeur la diversité d’un vignoble immense ; sans oublier Qualité Sud de France (produits régionaux) ou encore Golf prestige Sud de France, Montagnes Sud de France…Aucun public n’est oublié et il est traité avec une ligne éditoriale distincte. Au final, la région augmente chaque année ses parts de marché visiteurs et sait aller chercher des touristes dans toute l’Europe.
L’Auvergne joue la carte nature
Plus haut, au centre de la France, l’Auvergne a mis en place une stratégie digitale intégrant plusieurs canaux, qui fonctionne plutôt bien. La page Facebook (34 000 fans) est particulièrement active quotidiennement en postant des photos soignées de nature brute, les volcans, destination phare des randonneurs, des montagnes pour l’hiver, un positionnement 100% nature qui caractérise bien la région. Le fil Twitter est particulièrement dynamique avec 21000 followers, sans oublier Instagram où des photos plus amateurs sont diffusées.
Bien sûr, la plupart des agences de voyage, des hôtels indépendants, des chambres d’hôtes ont massivement investi les réseaux sociaux. Certaines pages Facebook ou fils Twitter offrent une véritable visibilité complémentaire à des petites structures. Le référencement de leur site internet augmente et la créativité de certains compense leur isolement géographique, à condition d’y consacrer du temps de manière constante. Bonne saison touristique aux professionnels du tourisme ! A votre disposition pour toute demande d’accompagnement éditorial et digital.
Fr.N.

L’industrie Française peut-elle s’épargner l’effet panique grâce aux réseaux sociaux ?

Céole-éoliennesC’est désormais une tragi-comédie chaque semaine depuis 6 ans de crise pour le secteur industriel en France. Malgré des fondamentaux à priori très solides mais remontant à l’après-guerre ou aux trente glorieuses, de nombreux secteurs de l’industrie Française sont convoités par des fonds de pension industriels américains ou asiatiques.
Je vais parler de cas que je connais pour y avoir travaillé. A Saint-Dizier, cité sidérurgique dont les bases remontent au XIXème siècle, les Chinois ont mis la main sur une fonderie historique il y a quelques années. Ils n’ont pas encore délocalisé car le savoir-faire des ouvriers est ancestral et les machines difficilement déplaçables. Comme dans la plupart des secteurs, les Chinois observent, paient pour voir, un peu, puis dupliquent à moindre coût le savoir-faire. L’expérience est cependant irremplaçable, ce qui occasionne de nombreux bugs techniques impactant parfois la société chinoise en surcroissance (cf. déraillement de trains, ponts qui s’effondrent, pollution, pillage de matières premières).
Second cas de figure : A Belfort, ville à l’esprit d’indépendance particulièrement développé, on assiste au dépeçage possible d’un siècle de travail d’ingénierie Française. A l’époque où Jean-Pierre Chevènement vient de démissionner avec fracas de son poste de ministre de la défense, General Electric s’installe dans la cité du Lion. Ils investissent, recrutent des anciens d’Alstom et annoncent clairement la couleur en se positionnant en face des locaux historiques d’Alstom. Subitement, 15 ans après, après le couac des Télécoms (SFR/Bouygues), Bouygues retire ses billes laissant la place aux fonds prédateurs convoitant la superbe mariée. Réacteurs pour centrales électriques, transports, bref, des secteurs si stratégiques, alors que la transition énergétique avance doucement, et que l’énergie, mécaniquement plus chère, va être le talon d’Achille du 21 ème siècle.
Emballement médiatique et panique à Bercy
Arnaud Montebourg, ministre de l’économie et du redressement productif réagit vivement en mettant en place une cellule de guerre. On assiste à quelques allers-et-retours entre Berlin et Paris, Siemens voulant sa part de gâteau. Au final, les médias économiques et les économistes de plateau télé s’affolent et contribuent à enflammer le dossier. Finalement, la période de réflexion est prolongée de 3 semaines…
Est-ce que de telles industries Françaises dont le siège est bien basé dans le pays auraient pu s’épargner une telle impression de flottement économique ? Même les spin doctors habituels habitués à conseiller quelques politiques en difficulté sont aux abonnés absents…
Bien sûr, il existe des formations et de nombreux spécialistes en intelligence économique formés à défendre les intérêts de telles filières stratégiques. Les Américains ou les Chinois en sont dotés depuis plusieurs années et n’hésitent pas à bloquer des pans entiers de l’économie concurrentielle jugé stratégique (énergie, défense, santé, transports).
Culture industrielle et communication graduée
Afin de résister à un tel effet panique démultiplié par certains médias parisiens connaissant finalement assez peu la culture industrielle Française au-delà des reportages ramenés par certains journalistes de terrain polyvalents, il faut anticiper. Nos responsables industriels cultivent une culture du secret bien compréhensible face aux enjeux concurrentiels.
Sachant qu’un emploi industriel induit en moyenne plusieurs emplois indirects (certains disent 7), il est urgent d’en prendre conscience et de mettre en place des logiques de veille d’intelligence économique via les bons réseaux sociaux en suivant notamment les investissements de ses concurrents ou partenaires, leur actualité, leur communiqués de presse. Le repli sur soi franco-français entre grandes familles est révolu. Sans quoi on assiste à ce spectacle un peu pathétique depuis ces 5 dernières années, celle d’un pays surinformé et déprimé par tous ces rachats, cette captation parfois définitive d’un savoir -faire convoité par les pays émergents et les deux géants chinois et américains.
Pour communiquer, il convient de le faire en douceur selon un véritable plan éditorial, une stratégie digitale afin de faire-connaître les réussites Françaises de PMI/PME maillés sur le territoire hexagonal. Revenir à l’essentiel et surtout prendre son temps, à l’inverse des récentes hystéries de catastrophisme médiatico-industriel.
Fr.N.-www.contenusetstrategies.com-#emicfdnicolas-06 62 12 84 30-frednicolas17@gmail.com

Textes et photos DR