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2018 : année de maturité numérique et de stabilisation économique ?

Après toutes les innovations survenues ces dernières années dans la secteur du digital, il semblerait que les grands acteurs du web et du digital aient compris qu’il fallait stabiliser et assainir leur écosystème. Tant mieux pour ses acteurs professionnels mais aussi pour les clients.

Au même titre que Google avait changé à deux reprises ses algorithmes (Panda puis Penguin) afin de rétrograder le référencement souvent très artificiel de sites étant devenus de véritables annuaires tellement l’échange de liens (backlinks) entre sites étaient devenus une pratique courante pour doper son propre référencement, puis privilégier l’originalité des contenus pour éviter le duplicate content sur les sites, les réseaux sociaux que sont Facebook et Twitter ont décidé d’agir pour tenter de nettoyer tous les acteurs qui ne jouent pas franc jeu.
Tout d’abord, ce qui attendu par chaque utilisateur concernant Facebook : faire une chasse impitoyable aux fake news.

Chasse aux fake news chez Facebook

On le constate de plus en plus à postériori : la rumeur et les informations non vérifiées pullulent sur le web, remettant en cause des pans entiers de la démocratie. Il arrive même parfois que les utilisateurs un peu naïfs répercutent ces légendes urbaines : « bein, oui, je l’ai vu sur Facebook ».
Vu que de moins en moins de monde prend le temps de faire sa propre revue de presse en consultant différents titres de presse d’avis différents pour se faire sa propre opinion, au delà des manipulateurs et influenceurs professionnels, la qualité même de certains professionnels de l’information est trop souvent remise en cause, à grands renforts de faiseurs d’opinion et autres influenceurs vus et revus sur certains plateaux télé…

Les réseaux sociaux obligés de revenir à leur fonction première

Facebook a annoncé qu’il allait consacré cette année 2018 à faire la chasse aux fausses nouvelles propagées sur son réseau. Bonne nouvelle ! Ainsi, les inscrits retrouveront peut-être le plaisir de l’utiliser comme à l’origine de sa création : tenter de recréer un peu de lien social.
Philippe Breton, chercheur au CNRS l’annonçait dans un livre paru en 2000 : « Le culte de l’internet, une menace pour le lien social ? ». Même si nombre de ses prédictions se sont avérées exactes, concernant la dépendance de plus en plus grande du monde entier à internet et au numérique en général, les progrès générés par cette économie numérique sont tout de même concrets : explosion du e-commerce, possibilité de comparaisons gigantesques tant sur le prix que la qualité, accès à la connaissance rendue mondiale, etc.

Fin espérée des sociétés d’achat de faux fans et followers

Quant à Twitter, selon Presse Citron du 29 janvier 2018, le blog de l’innovation, une enquête est ouverte pour tromperie et usurpation d’identité vis à vis des sociétés vendant des faux followers. Excellente nouvelle pour apurer des comptes personnels avec un nombre totalement disproproportionné de followers quant à leur influence réelle, ce type de pratiques jetant le discrédit sur une partie des professionnels du digital, poussant des attentes clients incompatibles auprès des sociétés pratiquant Twitter avec éthique, c’est à dire comme un réseau rapide et efficace pour informer vite et efficacement son environnement de véritables followers.

Cette recherche d’authenticité et de retour à plus de sens est généralisée : le #MadeinFrance accompagne la réindustrialisation qui va être longue dans notre pays après des années et des années de délocalisations. Face à la crise agricole impitoyable que subissent nos producteurs, le besoin de revenir à une économie circulaire, de consommer local va durablement remettre en cause le modèle de la grande distribution qui n’a cessé de compresser les marges des producteurs ces dernières décennies.
Dans tous ces domaines, il est urgent de revenir à plus d’authenticité et de sens. Et pénaliser les pratiques néfastes pour l’usage pourtant toujours plus forte des réseaux sociaux (voir l’illustration de l’usage des médias sociaux en 2017-Harris Interactive).
Espérons que 2018 soit bien l’année de la maturité numérique, qui devrait accompagner une reprise économique visiblement amorcée.

Frédéric NICOLAS-consultant éditorial et digital-www.contenusetstrategies.com

Infographie : Baromètre annuel des usages des médias sociaux en France en 2017 -source Harris Interactive copyright

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Développement durable : pour aller au delà du lobbying 

mats éoliens Ceole-Dijon-2009-Fr.N DR

Le secteur éolien est le plus gros créateur d’emplois en Europe en 2014 (source l’Express)-Photo Fr.N. copyright

Ça y est la COP 21 est passée et ce rassemblement mondial a été plutôt une réussite pour les très nombreux acteurs réunis à Paris. Le marché n’a jamais été aussi en attente d’investissement et d’innovations dans ce secteur. Et pourtant, les Français sont très loin de se sentir majoritairement concernés.

C’est un secteur que je suis depuis 2012, à l’occasion d’une immersion profonde et dense dans l’univers des certificats d’économie d’énergie, porté par la loi de transition énergétique. A cette période, on était encore très loin de l’étape décisive de la COP 21 et de la prise de conscience des industriels de la nécessité de prendre en compte ce nouveau mode de production.

Un intense travail de communication a été effectué par des acteurs bien fédérés, rassemblés autour de clusters, secteurs par secteurs (solaire, éolien, CEE, thermographie, bâtiment en bois,etc). Les réseaux sociaux ont été déployés dans la plupart des entreprises dites green business.

Explosion des réseaux sociaux

Par rapport aux anciennes méthodes plus classiques (relations presse, événement, publi-reportages..), l’explosion simultanée de l’utilisation de ces réseaux sociaux a concordé avec une attente assez forte ressentie aussi bien par des urbains -un brin bobos au début-que des ruraux constatant aussi que le monde était massivement en train de changer autour d’eux, à commençer par les déréglements climatiques mais aussi les rapports de force en leur défaveur bien souvent, du fait d’une mondialisation impitoyable, accélérée ces dix dernières années, avec une Chine cannibalisant une immense partie de la production autrefois réservée à l’occident et quelques pays émergents.

Et pourtant, malgré un matraquage médiatique sans précédent avant la COP 21, les retombées ne sont pas toujours arrivées aussi massivement jusque dans les campagnes. Hormis un mode de vie liée à l’économie circulaire, à la consommation de proximité en bio, les investissements n’ont pas été homogènes sur le territoire français. Par contre, des micro-initiatives ont fleuri un peu partout à l’initiative des maires de communes rurales et d’acteurs engagés (les makers) : des lieux de travail(en coworking) se réappropriant les zones plus isolées voient le jour progressivement, du moment que le haut-débit est présent ; des écoles de codeurs dont si peu de journaux parisiens parlent émergent et se développent dans des lieux autrefois industriels ou agricoles.

Néo-ruraux et mode de vie

Les néo-ruraux sont sans doute l’avenir de notre pays car ils ne choisissent pas la facilité mais avant tout un mode de vie. Les débuts sont bien souvent difficiles financièrement mais face à une demande locale de plus en plus forte, ils répondent à un véritable besoin, à taille humaine.

Tous ces acteurs sont à ce stade vu comme des précurseurs au mieux, des quasi-marginaux par certains. Ils ne seront jamais écoutés à Bruxelles car pas assez nombreux pour être visibles.

Pas besoin de lobbying mais leur force s’illustre bien dans l’interconnexion des réseaux sociaux. Et une capacité à s’insérer dans le paysage du pays sur le long terme.

Face au constat de la montée en puissance de l’économie sociale et solidaire et les possibilités d’innovation liées à l’économie digitale, c’est une autre forme de réseaux qui voit le jour. C’est sans doute une des pistes cruciales de la création nouvelle de richesses durables qui voit le jour silencieusement aux quatre coins de notre pays. Il reste maintenant à le faire savoir via les réseaux sociaux de manière éditorialisée, bien loin des clichés. Les régions vont continuer à accueillir de nombreux néo-ruraux venus s’investir sur des territoires en jachère et y créer de l’activité pérenne.

Frédéric NICOLAS, consultant éditorial et digital-DR-www.contenusetstrategies.com

 

 


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